» La méditation et la pratique du yoga nous conduisent à prendre conscience des scénarios qui se jouent en permanence dans nos têtes. Une symphonie de pensées qui créent la réalité que nous percevons.

Cependant, la réalité de ce que nous sommes ne se situe pas dans nos productions hollywoodiennes. Ni dans les rôles que nous nous attribuons, ni dans ceux que nous prêtons aux autres, encore moins dans les costumes que nous portons et que nous confondons avec le « Soi ».

Que sommes-nous si nous ne sommes pas le « je » que nous croyons ?

Nous sommes en contact avec le « Soi », notre véritable état d’être, lorsque nous observons. La partie de nous qui observe nos réactions, nos croyances, nos tensions, nos souffrances passagères et tous nos mouvements est tranquille. Elle est aimante. Sereine. Elle est.

Cet observateur en nous ne se moque jamais. Il n’humilie jamais. Il ne culpabilise jamais. Il ne fait aucun reproche. Il ne dit pas « ah si j’avais su », « j’aurais du », « j’ai échoué », « je suis nul.le », « je m’en veux », « c’est injuste », « il faut que », « il n’y a qu’à »… Il n’a pas besoin du pronom « je » pour être.

Il est comme un Buddha au sommet d’une montagne qui perce le ciel bleu bien au-delà des nuages. Il ne cherche pas à changer nos pensées ni à « faire le vide ». Il regarde et aime. Il est.

Cette pleine présence non genrée constitue notre nature véritable. Nous nous en séparons pourtant plusieurs fois au cours d’une journée. Parfois pendant plusieurs années d’affilée alors qu’on ne cesse de recevoir des signes de sa part, des alertes corporelles, des situations en boucle qui ont pour but de nous (r)éveiller. De nous révéler.

La discipline de la pratique au quotidien n’a pas pour objectif de nous « vider la tête ». Elle nous permet de prendre conscience de nos scénarios afin de choisir librement d’y adhérer ou de s’en délester.

Notre pouvoir de choisir est souverain. A nous d’observer et de saisir les opportunités d’honorer ce qui nous élève ou de continuer à nous soumettre à ce qui nous leste. A nous de voir à qui nous souhaitons donner notre pouvoir : à une illusion qui nous fait du mal ou bien à ce qui nous dénoue instantanément et nous met au service de la conscience collective ? « 

Texte écrit par Lili Barbery
dans sa newsletter de février

Ce texte m’a beaucoup inspiré. Merci Lili !

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